Génotoxicité de polluants atmosphériques : le cas des hydrocarbures aromatiques polycycliques
Les HAP sont des toxiques présents dans l’alimentation, la pollution urbaine et dans certaines industries. Dans l'atmosphère, ils sont principalement dus aux émissions automobiles et au chauffage urbain. La famille des HAP compte une centaine de molécules dont certaines sont cancérigènes. Le plus cancérigène d’entre eux est le benzo[a]pyrène qui après métabolisation en diol époxyde (BPDE) forme des adduits à l’ADN. Un rôle du stress oxydant a également été évoqué.
En comparant HPLC-MS/MS et méthode des comètes (calibration par irradiation gamma / Fpg pour révéler la base oxydée 8oxo-guanine), nous avons montré que le stress oxydant n’est que peu impliqué dans des lignées humaines exposées au B[a]P pur. Nous observons par ailleurs en exposant les cellules à des extraits atmosphériques à concentration de B[a]P constante, que les quantités d’adduits et de cassures sont modulées selon l’origine du prélèvement. Ces données montrent la nécessité d’adapter les méthodes de mesure de la génotoxicité aux composés étudiés. Par ailleurs, elles montrent que l’estimation de la toxicité des mélanges est rendue complexe par des effets d’inhibition ou de potentialisation.
L'évaluation in vitro de la toxicité des HAP est rendue encore plus complexe par les différences très importantes de comportement d'un type cellulaire à l'autre. Ainsi, les cellules T24 originaire de la vessie ne font pas d'adduits à l'ADN alors qu'un induction dose-dépendante est observée pour les hépatocytes HepG2. De façon plus étonnante, une courbe passant par un maximum aux faibles doses est obtenue pour les cellules pulmonaires A549. Ces différences s'expliquent par des différences entermes de métabolisation.
 
(Collaboration Prof. Anne Maitre CHU Grenoble, Soutien région Rhône-Alpes et Ademe)
 
 

Les différents type de dommages de l'ADN induits par les HAP, et les outils utilisés pour leur détection.

Maj : 10/02/2014 (909)

 

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