Le cycle du Mercure dans l’Environnement : cas des régions polaires et impacts sur les écosystèmes.
 
Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l' Environnement du C.N.R.S., 54 rue Molière, BP 96, 38402 Saint Martin d'Hères, France.
Lundi 02/10/2006, 11h00
Bât. C5 P.421A, CEA-Grenoble
Le mercure (Hg) est un composé toxique très mobile dans les différents compartiments (air, eau, faune et flore, etc.) de la planète. Il est émis par des sources anthropiques, qui auraient contribué à multiplier par 3 les niveaux du mercure dans l’atmosphère, et naturelles. L’omniprésence du mercure dans l’environnement est une conséquence directe de ses caractéristiques physico-chimiques qui dépendent fortement de l’état d’oxydation dans lequel il se trouve. Une fois déposé dans l’hydrosphère, le mercure divalent (sous forme réactive ou particulaire) peut être transformé en méthylmercure par des processus biotiques. Des études récentes révèlent une contamination en mercure des écosystèmes de l’Arctique, contamination que l’on retrouve par exemple dans la faune (poissons, baleines, phoques, ours, etc.). Le dépôt de mercure atmosphérique par les mécanismes classiques et les sources peu abondantes de mercure dans l’Arctique ne peuvent raisonnablement justifier ces niveaux élevés. Le mercure arrive en Arctique très majoritairement via l’atmosphère par transport du Mercure élémentaire gazeux (GEM) à longue distance. Mais la présence de mercure atmosphérique n’explique pas à elle seule comment le mercure entre dans la chaîne alimentaire : le GEM doit d’abord être transformé sous une forme divalente inorganique et/ou organique Hg(II)(g) puis déposé, pour être incorporé dans les écosystèmes terrestres et aquatiques. Les « Atmospheric Mercury Depletion Events » (AMDEs) ou « pluies de mercure » sont l’une des explications possibles pour que ces phénomènes de transformations s’effectuent et pourraient ainsi expliquer les contaminations observées en Arctique. Ces évènements, qui sont une partie d’un processus global mettant en jeu de nombreux composés dans une chimie particulière, caractériseraient la réunion de facteurs permettant l’oxydation rapide au printemps polaire du GEM en espèces mercurielles divalentes, qui se déposeraient sur les surfaces neigeuses et qui pourraient ensuite être incorporées dans la chaîne alimentaire après transformation biologique.

 

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