LA CREATION DU CENTRE NATIONAL «ETOILE» D’HADRONTHERAPIE PAR IONS CARBONE ET LES RECHERCHES PLURIDISCIPLINAIRES ASSOCIEES
Joseph Remillieux, Professeur émérite, U
Lundi 19/03/2007, 11h00
Bât. C5 P.421A, CEA-Grenoble
Le 13 février 2007, le Ministre de la Santé a donné son autorisation pour la construction à Lyon d’un centre national de traitement des tumeurs cancéreuses par faisceaux d’ions carbone. Cette modalité innovante de radiothérapie, initialement explorée aux USA, est actuellement appliquée au Japon et en Allemagne. L’Europe est très dynamique dans ce domaine, avec des centres en cours de réalisation en Allemagne, en Italie et désormais en France, avec l’acceptation du Projet ETOILE, initié dès 1998 au sein des Universités de Lyon et de Grenoble. Les résultats cliniques récemment publiés, par les Japonais et les Allemands, démontrent l’efficacité des ions carbone pour stériliser les tumeurs profondes les plus difficiles, inopérables ou radio- résistantes. Malgré ces résultats cliniques, parfois spectaculaires, il faut encore de nombreuses recherches fondamentales et appliquées pour interpréter et prédire l’efficacité biologique des ions carbone sur les cellules cancéreuses et pour optimiser le mode d’irradiation de la tumeur tout en épargnant les tissus sains environnants. Ces recherches font appel à la physique, pour simuler le pouvoir ionisant des projectiles et les réactions nucléaires induites tout au long de leur trajectoire, depuis la peau jusqu’à l’arrêt dans la tumeur, puis à la biologie, pour prévoir le taux de survie ou d’endommagement des cellules rencontrées, ensuite à l’informatique, pour intégrer l’ensemble des processus atomiques, nucléaires, chimiques et biologiques dans des codes de calcul qui soient assez rapides pour permettre d’élaborer le plan de traitement du patient en un temps raisonnable. La conformation de l’irradiation au volume de la tumeur fait appel à des techniques de balayage sophistiquées, qui doivent pouvoir suivre en ligne les mouvements de la cible, dus notamment à la respiration du patient. Des techniques d’imagerie (TEP) sont enfin à développer pour pouvoir contrôler en ligne le profil réel de la dose déposée, par rapport à celui qui est prévu par le plan de traitement. Toutes ces recherches sont menées par des équipes pluridisciplinaires, incluant des médecins, car la finalité est, bien entendu, la qualité du traitement clinique dont pourra bénéficier le patient.

 

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